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C’est la Lune qui nous rend humains

Deep Dives

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    The article directly mentions that 14th-century Kerala mathematicians developed infinite series methods centuries before Leibniz, making this a perfect deep-dive into an underappreciated chapter of mathematical history that challenges Eurocentric narratives

  • Blombos Cave 1 min read

    The article references the Blombos ochres as potentially the oldest evidence of symbolic human thought and possible menstrual tracking. This archaeological site is crucial to understanding early human cognition and the origins of calendrical thinking

1.

La science et la religion ont ceci en commun : elles naissent en grande partie de notre attention portée aux cycles de la Lune. À travers l’histoire et dans le monde entier, le calendrier lunaire a joué un rôle bien plus important dans la formation des cycles de festins et de jeûnes rituels que tout ce que les croyants affirment par la parole au sujet des rituels auxquels ils sont de toute façon déjà attachés. La religion, j’ose le dire, n’est rien d’autre que le rituel, et le rituel n’est rien d’autre que le reflet, dans la culture, de cette même périodicité lunaire qui, dans notre coin du cosmos, contribue largement à façonner les rythmes mêmes de la vie. Pessa’h, Pâques, le Ramadan, Diwali : tous sont calés sur le calendrier lunaire. Et pour projeter ce calendrier dans l’avenir proche — autrement dit, pour anticiper les prochaines fêtes religieuses —, il faut calculer. C’est là, en essence, la raison principale pour laquelle, dès le XIVᵉ siècle, les mathématiciens de l’école du Kerala, dans le sud de l’Inde, avaient mis au point des méthodes de calcul de séries décimales infinies — méthodes qui, trois siècles plus tard, devaient être associées au nom de Leibniz et constituer l’une des prétendues innovations du sous-domaine moderne des mathématiques appelé calcul infinitésimal. Sans la défaite du démon Narakasura par le seigneur Krishna, en somme, il n’y aurait ni ponts suspendus, ni satellites GPS, ni semi-conducteurs.

Galiléo Galilei, La lune vue à travers un télescope, dans Sidereus nuncius (1610)

Je ne le dis pas dans l’esprit où les idéologues hindutva affirment que les Vedas, correctement interprétés, contiennent le plan de la technologie de l’aviation plus lourde que l’air. Je veux dire que le rituel, fondé sur ce que nous appelons superficiellement le « mythe », exige une mise en forme du temps — une tâche qui repose sur notre aptitude mathématique innée. Au fil de l’histoire, l’exercice assidu de cette aptitude ne peut manquer de conduire à des découvertes ayant d’importantes applications pratiques. À cet égard, pendant la plus grande partie de l’histoire humaine, la religion et la science n’étaient manifestement que deux dimensions d’une seule et même entreprise humaine d’ensemble. Et si nous voulons trouver une force ou une entité singulière qui nous ait engagés sur cette voie, nous ne pourrions guère faire mieux que de montrer du doigt la Lune.

2.

Il

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